Question de saison  (Revus) posté le mercredi 28 mai 2008 17:03

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La glace a fondu mais c'est encore la saison du patin

 

Vous avez pu le constater (ou pas), ça fait un bail depuis le dernier article. Les beaux jours, d'autres sujets de préoccupation, tout ça, et surtout, après un début d'année qui bien que correct, ne cassait pas trois briques à un canard, un invraisemblable creux cinématographique dans l'actu salles. Pour ma part, il n'ya que [REC] depuis presque 2 mois qui m'ait fait envie, et si le film remplit son contrat, on ne peut pas dire non plus qu'il fera à lui seul du printemps 2008 une belle saison de cinéma.

 

Ce fut l'occasion de pour moi de raccrocher les wagons avec quelques séries qui ne font pas de mal au cerveau, comme le (sympatique) sitcom How I Met Your Mother ou la (navrante) saison 4 de Desperate Housewives. On jugera Lost dans quelques jours, une fois le season finale passé, cette courte saison 4 n'ayant, jusque là, été qu'en partie à la hauteur de la précédente.

 

Ce fut également l'occasion de constater que l'automne 2007 avait été une bien belle saison, en voyant arriver dans les rayons de mon vidéo-club préféré des films qui sont tout simplement les meilleurs vus l'an dernier. Parmi eux, je vous encourage à voir ou revoir cette petite sélection :

- dans la catégorie "nouvel âge d'or de la comédie US", les deux merveilles de l'écurie Apatow que sont En Cloque, mode d'emploi et surtout Supergrave, aussi drôles et audacieuses qu'émouvantes, deux films qui aident à vivre et qui dépassent de loin l'étiquette d'ode aux "freaks & geeks". Comme piqués au vif, détrônés sur leur propre terrain, on aurait dit que les Farrelly avaient à coeur de répondre avec un esprit trash qu'on ne leur connaissait plus. The Heartbreak Kid est en effet leur comédie la plus noire, où leur humour slapstick maso ne fait que traduire une vision extrêmement sombre de l'existence (tout arrive toujours à contre-temps, le bonheur est inaccessible), que seul l'humour permet de supporter. Enfin, dans un registre plus léger, Les Rois du patin est probablement la meilleure entrée dans la filmo de Will Ferrell, puisque cette très drôle parodie de film de sport reprend un canevas classique qui la rend plus accessible que des monuments de non-sens tels que Ron Burgundy.

 

"Love Hurts" : l'accroche très amère du dernier Farrelly. Drôle, vraiment ?

 

- dans la catégorie "grands auteurs", prenez-vous une leçon de mise en scène avec le dernier Sydney Lumet, Before the Devil Knows You're Dead (faites-moi grâce du titre français), accompagné de la ressortie du colossal The Offence ; une leçon de variation sur le thème du bien et du mal avec le dernier Woody Allen, Le Rêve de Cassandre ; une leçon de profondeur symbolique avec le dernier Cronenberg, Les Promesses de l'Ombre, où l'on se régalera de la façon dont le Canadien déploie son film et sa réalisation sur le thème des couches superposées, de la surface des choses et de ce qu'elles cachent...

 

- dans la catégorie "films de festival", lancez-vous de ma part dans ce magnifique drame coréen qu'est Secret Sunshine, film complètement bouleversant d'une humanité et d'une noirceur égales au génie de son interprète féminine ; regardez Paranoid Park de Van Sant avec l'idée que c'est un film sur la découverte de l'homosexualité, la culpabilité et le sentiment de déchirement intérieur qui en découlent (c'est très explicite) ; donnez une chance au barré Steak, de Quentin Dupieux, qui recèle les prémisses d'un univers artistique absolument remarquable ; et guettez la sortie du thaïlandais Syndromes and a Century, de l'imprononçable membre du jury à Cannes cette année Apichatpong Weerasethakul, le genre de film où l'on ne comprend rien mais dont la puissance du discret dispositif de mise en scène pourra toucher les spectateurs les plus ouverts ou exigents, à l'instar des images de Lumière Silencieuse de Carlos Reygadas.

 

LE grand drame de 2007. Grand film tout court, à ne pas manquer en DVD.

 

- enfin, dans la catégorie "film de genre", réparez l'injustice causée par l'accueil réservé à A Vif de Neil Jordan, belle et intéressante réflexion sur la morale, la dualité de l'individu et son libre arbitre, et contrairement aux accusations de film facho qui n'ont pas manqué, film humaniste qui incite à la réflexion sur ce qui nous sépare de l'inconcevable ; contribuez à donner à Stardust, l'élégante et emballante comédie d'aventures de Matthew Vaughn, le statut culte qu'elle mérite, à l'instar de son illustre modèle Princess Bride ; prenez-vous la baffe de l'année devant la première heure du Halloween de Rob Zombie, dont la mise en scène est en train de choper une puissance et une ampleur hallucinantes ; et faites-vous un petit plaisir sadique en montrant A L'intérieur, dont l'audace compense facilement les quelques défauts, à une copine enceinte, gniark gniark...

 

Parmi les absents de cette liste, les films sortis plus tôt en DVD, ceux qui ne le sont pas encore, ceux que j'ai manqués (Beowulf !!!), ceux qui ont déjà bénéficié d'un gros buzz... et ceux qui ne le méritent absolument pas. Pour le plaisir, vous pouvez éviter de ma part (ou au moins je vous aurai prévenus) : American Gangster, charrette à Oscars de Ridley Scott (manqué !) et film de gangster le plus mou du monde ; L'Assassinat de Jesse James... , prototype de la boursouflure arty qui n'a rien à dire, mais qui le camoufle derrière 3h de "belle image", d'intrigue fumeuse, de Performance d'acteurs et de décors Maisons et travaux spécial western ; La Nuit nous appartient, polar shakespearien tellement affecté et résigné qu'il s'écroule sous son propre poids, et ne vaut que pour sa première et sa dernière scène ; ainsi que les purges ultimes que sont Clerks 2, La Faille, Blood Diamond, Pathfinder (encore que le dernier soit presque rigolo)...

 

Enfin, réjouissez-vous avec moi mes frères, de voir avec la fin du festival de Cannes et le début de l'été l'arrivée de grosses machines (et je ne parle pas que de blockbusters, je compte bien aller voir le Desplechin par exemple).

Je sais, ça commence plutôt mal avec cet Indiana Jones 4 qui déçoit à peu près autant qu'il intrigue, mais on en reparlera dans un prochain article...

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