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Suite de la sympathique avp du Romero, avec une vidéo tout aussi pourrave que la première mais qui ne peut que renforcer notre affection pour ce grand échalas au catogan et aux lunettes fifties improbables.
Tout aussi sympathique, l'accueil d'un public tout acquis à sa cause, beuglant volontiers des cris zombiesques pour témoigner de tout le respect dû au papa des morts-vivants. Un public essentiellement jeune (qui n'était pas né au moment de la sortie de La Nuit des Morts-Vivants, voire de Zombie), et qui témoigne que les films de Romero ont parfaitement traversé et marqué les générations.
Que dire du film lui-même ? Tout d'abord, que bien plus que d'un "retour aux sources" évoqué ça et là et sous-entendu par Romero lui-même, il s'agit à la fois d'une démarcation assez franche de la tétralogie qui le précède et d'une synthèse de celle-ci.

Quitte à déstabiliser les fans de la noirceur de son oeuvre, le ton choisi par Romero flirte plus d'une fois avec le second degré, accouchant de quelques scène outrancières ou décalées franchement comiques. Et il faut bien admettre que non seulement cela fonctionne (la salle a beaucoup ri), mais que c'est un choix plutôt payant pour le film. Car plutôt que de risquer la redite, Romero préfère surprendre et ajouter une corde à son arc. Ce décalage dans le ton s'accorde du reste parfaitement avec la facture un peu cheap du film (budget ultra serré, casting de débutants) et avec le discours de son auteur, qui nous force à prendre du recul sur ce que l'on voit.
Ne croyez pas pour autant que Romero ne croit plus en ce qu'il filme : au contraire, sa vision à la fois humaniste et pessimiste est plus vive que jamais, et s'exprime assez ouvertement par l'entremise d'une voix off très explicite. Un didactisme qui en gênera, là encore, peut-être certains mais qui donne au film la texture d'un film-testament, ou plutôt, car on veut croire que Big George nous fera encore quelques beaux films, d'un film de transmission. Un film de professeur à élèves, en quelque sorte, impression renforcée par la présence, au sein des personnages d'étudiants, d'un professeur désabusé, mi-philosophe mi-soldat, dans lequel on verra volontiers l'image du cinéaste.
Et l'on se dit que c'est là peut-être son film le plus personnel puisque, en plus de reprendre les éléments qui faisaient toute la saveur de sa mythique trilogie (les fans apprécieront les clins d'oeil), il double son film d'une impressionnante et vertigineuse démonstration sur la force et l'ambiguité du rapport aux images, que l'on peut presque résumer dans la séquence où un des personnages, mordu par un zombie, dit à son amie "shoot me", sans qu'on sache s'il veut dire "tue-moi" ou "filme-moi".

Venant après Cloverfield et Redacted, Diary of the Dead pousse encore un peu plus loin l'utilisation de la caméra subjective et le concept du témoignage filmé, tout en prenant le soin de justifier et légitimer chaque parti pris de mise en scène. Il en fait même le sujet de son film, en exhibant ouvertement ce qui motive son montage et sa post-production. Voilà la différence entre un film d'auteur et un film de camelot, entre une oeuvre profonde et réflexive et un produit de consommation courante.




Et puis quelle émotion devant ce grand bonhomme...Pour moi cette soirée restera gravé...
ps:encore merci pour les vidéos